Vendre son miel en direct : déclarations et étiquette
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Une bonne année, trois ou quatre ruches remplissent bien plus de pots que la famille et les amis n’en consomment. Vendre le surplus est autorisé, même pour un apiculteur amateur. Trois choses comptent : déclarer ses ruches, déclarer son activité de vente, et étiqueter ses pots selon les règles du miel, qui sont précises.
Déclarer ses ruches, chaque année
La déclaration de ruchers est obligatoire dès la première ruche, que l’on vende ou non. Elle se fait chaque année entre le 1er septembre et le 31 décembre, en ligne sur le site Mes démarches du ministère de l’Agriculture (mesdemarches.agriculture.gouv.fr), sans création de compte. La première déclaration attribue un numéro d’apiculteur (NAPI), à afficher sur les ruches ou à proximité du rucher.
Elle sert à la gestion sanitaire des colonies, à connaître l’évolution du cheptel apicole et à mobiliser les aides européennes pour la filière : toutes les colonies se déclarent, ruches, ruchettes et ruchettes de fécondation comprises.
Déclarer son activité avant la première vente
Vendre du miel, c’est mettre en vente une denrée d’origine animale. Avant la première vente, l’activité se déclare auprès de la direction départementale chargée de la protection des populations (DDPP ou DDETSPP), avec le formulaire Cerfa n° 13984 et son volet propre à l’apiculture. Le registre d’élevage est obligatoire pour tout apiculteur qui commercialise les produits de la ruche, quelle que soit la quantité vendue.
Ce qui doit figurer sur le pot
Le miel a ses propres règles d’étiquetage, qui s’ajoutent à celles de toutes les denrées vendues en pot. Sur chaque pot :
- La dénomination : « miel », ou plus précisément « miel de fleurs » ou « miel de miellat ». Elle peut être complétée par l’origine florale (miel d’acacia, de châtaignier), par une origine régionale ou topographique (miel de montagne) ou par un critère de qualité (miel de printemps, miel crémeux), à condition que ce soit exact.
- Le pays de récolte, par exemple « Origine : France ». Il est obligatoire, même pour un miel vendu à deux kilomètres du rucher.
- La quantité nette : le poids du miel, sans le pot.
- La date de durabilité minimale : « À consommer de préférence avant fin… », avec le mois et l’année, ou l’année seule au-delà de dix-huit mois.
- Le nom et l’adresse de l’apiculteur.
- Un numéro de lot, sauf si la date de durabilité est écrite en entier (jour, mois, année).
Pour un miel de plusieurs fleurs, la double mention (« miel de thym et de lavande ») n’est permise que si les deux floraisons ont la même période et la même origine géographique. Sinon, le mot « mélange » doit apparaître clairement sur l’étiquette.
Les mots à ne pas écrire
Certaines formules courantes ne sont pas admises : « miel naturel », « pur miel », « 100 % miel », « miel de pays » ou « miel de terroir ». « Toutes fleurs » ou « mille fleurs » peuvent informer l’acheteur, mais pas servir de dénomination. Et rien ne s’ajoute au miel : dès qu’on y mêle autre chose (gelée royale, fruits secs, truffe), le produit n’est plus du « miel » mais une « préparation à base de miel ».
Ce que cherche un acheteur de miel
Dans une annonce, dites d’où vient le miel et quand il a été récolté : « miel de printemps, ruches en bordure de bocage, récolte de mai » en dit plus que n’importe quel adjectif. Précisez les contenances (250 g, 500 g, 1 kg), les prix, et si vous vendez aussi en seau à ceux qui en consomment beaucoup.
Expliquez aussi la cristallisation. Beaucoup d’acheteurs croient qu’un miel qui durcit est un miel altéré : c’est l’inverse, la plupart des miels cristallisent naturellement avec le temps, plus ou moins vite selon les fleurs. Une phrase dans l’annonce évite bien des questions.
